Comment PEI est-il né?

Le 2 juin 2015, après l’expulsion violente du camp de réfugié.e.s du métro La Chapelle à Paris, commence une errance difficile dans le 18ème arrondissement de Paris pour des centaines de migrant.e.s, venu.e.s en France pour trouver asile. Jour après jour, expulsion après expulsion, des dizaines puis des centaines de citoyen.ne.s se mobilisent pour soulager le quotidien des réfugié.e.s et lier amitié à leurs côtés. Sur les tables des Jardins d’Eole, sur les pavés de la Halle Pajol, puis sous le préau du Lycée désaffecté Jean Quarré, des cours de français s’organisent. La demande est grande, la motivation des apprenants est certaine, et un groupe de professeur.e.s improvisé.e.s se constitue, dont plusieurs élèves de l’ENS, éprouvant sur le tas les difficultés de l’apprentissage du Français Langue Etrangère, discutant et nouant une confiance nouvelle avec ceux et celles qui souhaitent trouver refuge  en France.

De ces rencontres apparait cette évidence: parmi tous ceux que nous croisons chaque jour, nombreux sont les étudiants jetés par la nécessité dans le périple de la traversée, obligés aujourd’hui de survivre dans une précarité extrême. De simples discussions – sur Nietzsche et Spinoza, sur la géopolitique de la Corne de l’Afrique, sur le rêve de poursuivre des études avortées d’ingénierie civile – naît le projet d’un programme spécifique, dédié à la reprise d’études et centré sur l’apprentissage rapide du français, qui refuserait de distinguer entre les statuts administratifs de ses bénéficiaires. C’est cette première intuition qui s’est mise en œuvre, jusqu’à constituer l’équipe d’organisation du PEI aux premiers jours de la rentrée 2015. Avec le concours et le soutien de l’Administration de l’ENS, le PEI a pu voir le jour en octobre.

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